Quelques questions fréquemment posées
Voici quelques réponses simples aux questions que se posent les visiteurs :
pourquoi nous faisons ce que nous faisons, et comment Dieu nous sert par sa Parole et ses sacrements.
Les sacrements sont des actes que Dieu lui-même nous a demandé d’accomplir. Ils sont au nombre de deux : le Baptême (Cf. Matthieu 28 : 19) et la sainte Cène (Cf. Luc 22 : 19-20).
Un sacrement se définit par trois caractéristiques : 1/ il comporte un élément matériel (eau pour le baptême, pain et vin pour la sainte Cène), 2/ il est ordonné et définit par une parole explicite de Dieu 3/ il accorde le pardon des péchés. Ils revêtent donc une importance de premier ordre et sont accomplis au nom de Dieu.
Ce ne sont pas les hommes mais Dieu lui-même, qui garantit et produit l’effet des sacrements. La promesse de grâce qu’ils contiennent est présente peu importe la foi et la compétence de ceux qui les distribuent (pasteur) ou les reçoivent (assemblée). Car les sacrements ne sont pas l’œuvre des hommes, mais celle de Dieu. Nous ne pouvons rien ajouter ni rien enlever des promesses de grâce qu’ils contiennent. Tout ce que nous pouvons faire, c’est tendre nos mains et nos cœurs pour recevoir, dans la foi, la grâce venant de Dieu qu’ils contiennent.
Néanmoins, pour obtenir cette grâce contenue dans les sacrements, il faut y croire. Sans foi dans nos cœurs, nous ne pouvons pas saisir ce que Dieu nous offre et nous passons à côté. Les sacrements sont toujours fonctionnels mais ils n’agissent pas sur celles et ceux qui n’ont pas la foi pour recevoir leurs effets salutaires.
Si je n’ai pas faim, je ne mange pas le délicieux dessert préparé par mon hôte. Cela ne retire rien au fait qu’il soit excellent. Mais si j’ai faim, je le mange et je me réjouis de son goût exquis. Il en va de même avec les sacrements : c’est par la foi seule que nous pouvons bénéficier des bienfaits qu’ils contiennent, et si nous n’avons pas la foi pour les voir et les prendre pour nous, ces bienfaits restent avec le sacrement mais n’agissent pas en nous.
Dieu ne donne pas les sacrements pour nous accabler ou nous perdre, mais pour nous consoler, nous relever et affermir notre foi. Ils sont son geste concret de miséricorde envers les cœurs fatigués ou chargés.
Elles se retrouvent en parure d’autel ou au lutrin, et sur l’étole portée par le pasteur. Elles sont au nombre de 4 : violet, blanc, vert et rouge.
Le violet, signe de la repentance et de l’attente, est la couleur de l’Avent, du Carême, et de la Semaine sainte. Le blanc, signe de la joie, est la couleur de Noël et du temps de Noël jusqu’au dimanche après l’Épiphanie, du jeudi saint, de Pâques et du temps pascal jusqu’au dimanche de la Trinité. Le vert, signe de l’espérance, est la couleur du temps de l’Église. Le rouge, signe de l’Esprit, est la couleur de la Pentecôte et aussi de fêtes de l’Église telles que la Réformation ou le mémorial de la Confession d’Augsbourg.
Parce qu’il ne se distingue pas des autres membres de l’assemblée. En étant tourné vers l’autel et la croix, comme toute l’assemblée, le pasteur prie comme eux, car il est pécheur comme eux, et en besoin de grâce et de réconfort de la part de Dieu comme eux. C’est une façon de témoigner qu’il ne prie pas au nom de l’assemblée mais avec elle.
Historiquement, les bâtiments d’église étaient orientés vers l’est. L’assemblée et le pasteur priaient vers l’est – ad orientem – car c’est de cette direction que Jésus reviendra (Cf. Matthieu 24 : 27 et Apocalypse 7 : 2).
Toute prière que nous faisons dans l’église est tournée vers notre Seigneur qui vient à nous, notre Dieu en chemin pour nous rejoindre.
Il peut paraître redondant de devoir confesser nos péchés chaque dimanche. Il y a pourtant trois bonnes raisons à cela :
1/ une raison historique : la confession des péchés fait partie de la pratique de l’Église depuis ses origines : les premiers écrits chrétiens, comme la Didachè, témoignent de la confession communautaire et de la confession préalable à la communion. Bien avant cela, des rituels de purification étaient pratiqués au Temple et à la Synagogue.
2/ une raison biblique, bien plus importante : bien que par la grâce de Dieu et au moyen de notre foi, nous soyons sauvés, bien que nous ayons eu une nouvelle naissance par le baptême, nous sommes toujours pécheurs et nous le serons jusqu’au jour de notre mort.
Notre chair, corrompue par la Chute de nos ancêtres Adam et Eve, nous conduit à pécher en paroles, en pensées et en actes chaque jour que Dieu fait. Nous ne serons libérés définitivement du péché que lorsque nous serons ressuscités, au dernier jour.
3/ la confession publique des péchés ne remplace pas la confession privée du croyant en tête à tête avec Dieu. Elle remplit une autre fonction ; non l’édification de l’individu qui croit, mais l’édification de la communauté. Le corps du Christ, l’Église, quand il se réunit, présente collectivement ses péchés, pour recevoir collectivement son pardon. C’est ainsi que les membres agissent ensemble et resserrent leurs liens en Christ.
Dans le protestantisme, l’Église, ce n’est pas le bâtiment, mais les pierres vivantes que sont chaque personne baptisée. L’assemblée qui se réunit chaque dimanche, c’est l’Église. Cette Église a été créée par Dieu pour lui former une maison spirituelle (Cf. 1 Pierre 2 : 5) où nous le chantons, le prions et lui exprimons notre reconnaissance (Cf. Ephésiens 5 : 19-20). Le rôle des enfants de Dieu ne saurait être de rester passif dans de telles circonstances. Par conséquent, l’assemblée est concélébrante du culte.
Avec le pasteur, elle est partie prenante de la célébration. Elle fait vivre la liturgie du culte par ses chants, ses répons et ses paroles d’approbation (par exemple : « Amen »). A plus forte raison que le protestantisme considère que le sacerdoce est universel, c’est-à-dire que chaque croyant est en mesure d’annoncer la bonne nouvelle de Jésus-Christ au monde.
Lorsque les réformateurs ont été séparés de l’Église catholique, il leur a fallu trouver une nouvelle manière de célébrer le culte. Ils ont décidé de s’inspirer de la messe romaine, mais d’en retirer tous les éléments qui, à leurs yeux, n’étaient pas en accord avec ce qu’enseigne la Bible. C’est pour ça que notre culte luthérien a des traits communs avec la messe catholique.
Néanmoins, ils ont tout de suite tenu à ce qu’il n’y ait pas d’uniformisation de la liturgie du culte. Chaque paroisse peut avoir des éléments liturgiques propres à sa région ou à son histoire, pourvu que la structure fondamentale du culte chrétien soit conservée : la lecture de la Parole, la prédication, la prière, et la célébration correcte de la Sainte-Cène selon l’institution du Christ.
C’est pourquoi notre liturgie luthérienne ressemble à la messe ancienne, tout en étant purifiée de tout ce que les Réformateurs jugeaient contraire aux Écritures.
Nous considérons que la Parole de Dieu est une puissance, une force qui agit. Ce ne sont pas de simples mots, mais bien des Paroles qui sont destinées à avoir un effet sur celles et ceux qui les entendent :
« Ainsi en est-il de ma Parole, qui sort de ma bouche : Elle ne retourne point à moi sans effet, Sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins. » – Ésaïe 55 : 11.
Aussi, chaque chose que nous disons et faisons pendant le culte a pour origine une Parole de notre Seigneur ; et nous répétons ces Paroles pour qu’elles produisent en nous l’effet que Dieu veut.
Toutes ces pratiques ont une seule finalité : annoncer Jésus-Christ, crucifié et ressuscité, et conduire chacun à vivre de sa grâce.
